CROISÉS DANS TON CUL 1


Cet article vise à parler du site www.croisedanslemetro.com qui, reconnaissons-le, est un beau tas de merde. Heureusement, on est là pour aérer.


Petite annonce

Sur internet, il y a les bonnes idées (YouTube), les mauvaises idées (Facebook), et les idées de fils de pute. Intéressons-nous donc à ces dernières. Car en créant un site faisant l’apologie des actes manqués, on peut croire qu’en plus de proposer un concept pratique et malin, il est tout à fait honorable. Mais www.croisedanslemetro.com n’a rien d’honorable. Il met juste, une fois de plus, la virtualité et la médiocrité sur le devant de la scène, les gens préférant écrire une petite annonce de tapette plutôt que faire un simple signe de la main. Mais c’est comme niquer sa cousine, c’est pas parce qu’y en a qui le font que vous devez le faire aussi.

Exemple du métro parisien :

« De la ligne H au quai du RER B de Gare du Nord.

Tu n’as pas couru assez vite dans les marches descendant sur le quai du RER B à Gare du Nord… Nos regards se sont croisés de nombreuses fois dans la ligne H, je n’ai pas osé faire le premier pas. Tu étais habillé d’un pantalon beige, chaussures marrons, yeux bleus (très bleus), châtain avec une barbe.

Alors si tu te reconnais, n’hésite pas, c’est moi qui marcherais vite la prochaine fois 😉 »

Bon pour la réponse, y en pas. Y en a jamais. Forcément, y a que les pervers qui vont sur ce site. Mais j’imagine que le mec aurait répondu quelque chose du genre :

« Je cours à la vitesse que je veux et je t’encule. Si nos regards se sont croisés c’est uniquement parce que j’essayais de comprendre pourquoi t’as un œil qui dit merde à l’autre. Et au fait, décrire un mec dans le métro en disant qu’il avait un pantalon beige, des chaussures marrons, des yeux bleus, et une barbe, ça revient à décrire la moitié de la station. Donc si ça se trouve je suis même pas celui dont tu parles, mais dans le doute je tenais quand même à venir t’insulter de sale pute. »


Exemple du métro marseillais :

« 1 regard 1 sourir 1 autre regard 1 sourir hier a 17h30

On s est croisé dans le metro station castellane. Je montais. Tu descendais ,nos regards se sont croisés, je t ai souri, toi aussi. Ouis je me suis assis en regardant te diriger vers l escalier. Le megro a démarré et tu m as regardé en souriant, jet ai souri et pris la rame de retour. Je suis revenu sur mes pas pour te revoir escaladant les edcaliers 2 a 2 en poussant les autres. Tu n etais pas la. Ce door je vais revenir vers 17h30 en esperant re revoir je t atendrais en bas des escaliers. J avai 1 jean et des baskets bleues, 1 t shirt gris. J espère te revoir. C etait comme dans 1 film. J espere que ce sera comme dans 1 reve… »

Avec l’exemple marseillais, on entre dans une dimension bien plus réaliste : les illettrés. Ils peuvent essayer tant qu’ils veulent de se faire passer pour des poètes en sortant les mots film et rêve, le fait de faire plus de six fautes par mot est assez évocateur de leur médiocrité. C’est comme s’ils lançaient des cailloux sur les touches du clavier en espérant que ça forme des mots. Du coup, on se doute bien que si personne répond à une meuf qui s’exprime bien à Paris, c’est pas un crasseux de Marseille qui aura droit à un retour sympathique. Mais je dirais que la fille concernée lui répondrait quelque chose du genre :

« T’es vraiment un taré de suivre les gens comme ça. Je prendrai plus jamais le métro de ma vie. J’espère que tu crèveras d’un cancer des yeux en relisant ton annonce. »


Exemple du métro lyonnais :

« La première fois que je fais ça

La première fois que je fais cela, mais qui ne tente rien n’a rien… Croisé ce matin aux environs de 8h15 un beau brun, grand, de l’allure, des petits regards échangés, entre station Croix Rousse, jusqu’à la descente à Hôtel de Ville, nous allions sur le même quai ligne A, en direction de Perrache, hélas, métro bondé, je n’ai pu monter dans la rame… sniff… Grande brune, cheveux courts, peau basanée, avec des petites mèches, lunettes BCBG, journal du matin en main… On verra bien si ce Monsieur a la bonne idée de regarder par ici… qui sait ? »

Il faut apparemment se rendre à Lyon pour tomber sur des gens plus à même de faire une putain de description. Comme quoi c’est pas compliqué. Malheureusement pour elle, elle aurait mieux faire de rester dans le vague puisque le mec lui répondrait certainement ça :

« Basanée, c’est mort. »


Bref, vous avez compris le principe, y a que de ça. Des t-shirts rouges qui ont croisé des paires de chaussures noires. Des regards dans le vide interprétés comme des échanges passionnels. Et des merci pris comme synonymes de déclarations d’amour. Au final, un paumé qui aura vu une jolie fille dans le métro ne va pas l’oublier l’heure d’après. Non, il va rentrer chez lui, écrire une annonce, et venir tous les jours la consulter en espérant une réponse. Sorte de masturbation à l’espoir, il se fait du bien à y croire.

Du coup, en accord avec Sodosopa.fr, je vous propose d’autres exemples avec le même concept, mais dans d’autres lieux.

Croisé dans le supermarché

« Je t’ai vue assise avec ta veste rouge. Moi, je portais des chaussettes grises. Je me suis très lentement rapproché de toi, sans oser te parler. Puis tu as fait le premier pas en me demandant de payer 17,40€. Qui étais-tu belle inconnue ? J’ai cru lire ton nom sur ta veste : Auchan. Alors à très bientôt j’espère. »

Croisé dans le cinéma

« On était tous les deux dans la même salle pour voir Ange & Gabrielle à la séance de 18H. J’étais assise huit rangs plus haut que toi, je n’ai vu que l’arrière de ton crâne, mais tu semblais pas mal. Heureusement, le film était à chier donc j’ai pu te mater tout le long. Je crois que tu mangeais du pop-corn, ou que tu dormais, ou que tu vomissais sur Bruel. Pas facile à dire dans le noir. Moi j’avais une veste. Si tu me reconnais, écris-moi vite. »

Croisé dans le sexshop

« Je t’ai vue au rayon des sextoys. Tu étais une belle femme comme je les aime. Tu m’as souri, et j’ai rougi car j’avais un énorme gode dans la main. Puis on s’est recroisé au rayon DVD, tu m’as encore souri et j’ai encore rougi car j’avais un porno gay dans l’autre main. On s’est vu une dernière fois au rayon SM, tu m’as regardé avec beaucoup de curiosité, j’ai à nouveau rougi mais ça ne se voyait pas dans ma combinaison de cuir. Je voulais te demander ton numéro mais j’avais du mal à articuler avec la bite de mon pote dans la bouche. Contacte-moi à mon adresse perso matthieu.delormeau@gmail.com. »

Croisé dans la partouze masquée

« J’étais avec trois copains qui s’occupaient de moi telle une Princesse, lorsque tu es arrivé par derrière sans prévenir, que tu as dégagé l’un d’entre-eux, et que tu m’as très cordialement bombardée de donkey punchs. Je pensais que tu faisais partie de mes connaissances, mais en fin de soirée, lorsque j’eus fini ma vidange, un de mes orifices contenait du sperme dont le goût ne m’était pas familier. Sûrement le tien mon Prince. Si tu veux me reconnaître, je portais un masque de Gérard Depardieu. A bientôt. »


Sodosopa.fr vous a croisé sur internet, vous aviez votre bite à la main.


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