INFILTRATION DANS UNE BRASSERIE PARISIENNE


Les clichés autour des restaurants parisiens sont-ils vrais ? Enquête sur le terrain avec nos deux journalistes d’investigation préférés. Pour ce reportage, Sodosopa.fr a envoyé son couple masculin favori dans une brasserie typiquement parisienne, aux abords de Notre-Dame de Paris. Voici leur article.


Je me suis rendu avec mon compère dans un bistrot parisien pour évaluer la qualité du service et des plats, pour vérifier si le stéréotype disant que les brasseries parisiennes sont horribles est vrai. Afin de passer inaperçu et de ne bénéficier d’aucun traitement de faveur, je me suis fait passer pour un touriste qui visitait Paris avec son ex petit copain dont il était toujours amoureux malgré ses orientations sexuelles désormais différentes. Pour être certains de ne pas nous faire démasquer par les restaurateurs, nous avons visiter Notre-Dame de Paris afin de pouvoir répondre à d’éventuelles questions concernant l’architecture, le prix du ticket d’entrée, le nombre de marches pour arriver au sommet et, bien entendu, la couleur des yeux du personnel. Tant d’informations retenues inutilement puisque l’ensemble du restaurant en avait rien à branler de nous.

Notre-Dame de Paris Hilton

Facebomb journalistique.

Pour le choisir, nous avons opté pour le cliché suprême : le bistrot qui fait l’angle avec tables en terrasse et serveurs qui tirent la gueule. A peine arrivés, l’un d’eux nous demande, sans prendre la peine de nous dire bonsoir, mais tout même en nous présentant sa plus belle tête d’enculé, si c’est pour boire ou manger ? En tant que faux ex-couple homosexuel, on joue la comédie en simulant la gêne et on demande à manger. On s’installe alors en terrasse pour savourer cette douce nuit d’été, rythmée uniquement par le passage incessant de touristes chinois qui bousculent nos chaises car le trottoir n’est pas assez large pour ces rebuts de rizière, et les klaxons des véhicules qui circulent à quelques centimètres de nous, nous faisant ainsi profiter du doux parfum de chez Total. Le garçon nous apporte la carte comme s’il nous donnait son rein : à contrecœur. Beaucoup de choix, allant des pâtes au gambas au simple croque-monsieur, les deux ayant quasiment le même prix. On se demande alors si le croque-monsieur est fait par Joël Robuchon, ou si les gambas ne seraient pas en fait des cafards ? Aucun moyen de le savoir, on a pris des saint-jacques de Gérald Passédat et une escalope de rat.

Bien entendu, pour en arriver là, c’est que le gentleman nous a poliment indiqué qu’il ne restait rien d’autre et que si ça n’allait pas, on pouvait toujours aller se faire foutre par Dwayne Johnson. On se demande alors la pertinence de nous laisser l’illusion du choix. Probablement un piège à touristes pour qu’ils ne partent pas de suite en courant, notre couverture est donc efficace ! On ne sait pas exactement combien de minutes a duré l’attente avant d’être servis, mais on a eu le temps de regarder intégralement la trilogie du Seigneur des Anneaux version longue sur nos téléphones. J’ai aussi eu le temps d’écouter les touristes Anglais à ma gauche, mes capacités de journaliste bilingue m’ont permis de me rendre compte qu’ils étaient déçus par leur bière. En même temps, quand on vient d’un pays d’ivrognes comme le leur, où le seul moyen de prendre des couleurs c’est en se pintant la gueule jour et nuit, on se doute bien que la petite pression parisienne ne les satisfera pas. Ils ont malgré tout galéré à obtenir l’addition. La barrière de la langue ? Pas si sûr…

Brasserie Cantonais

Exemple totalement aléatoire de brasserie dite « à chier ».

Une fois servi, mon collègue est aussi ravi de son escalope milanaise qu’il est écœuré de ses pâtes sauce tomate. Le principal problème n’est pas l’absence de talent du chef, mais l’absence de chef tout court. Le commis a juste ouvert une boite de sauce tomate et l’a versée sur des pâtes qui n’étaient déjà pas destinées à être consommées par un être humain. Sa viande en revanche était très bonne, ce qui prouve bien que le rat de Paris c’est pas de l’élevage. Quant à moi, mes saint-jacques étaient exquises, contrairement aux pommes au four qui étaient aussi bonnes que des couilles ratatinées de clochard portugais (les poils en moins, bien sûr). Petite parenthèse d’ailleurs : lorsqu’on demande au serveur ce que sont les pommes au four, juste histoire d’être sûr qu’il s’agit pas du fruit, il réagit avec beaucoup de second degré en répondant « Beh c’est des patates, qu’est-ce que tu veux que ça soit sale con ? » Le fameux humour parisien, si subtil et si touchant, à en faire pâlir Anne Roumanoff.

Comme manger de la merde donne soif, on a demandé de l’eau à plusieurs reprises durant le repas, mais on en a eu qu’une seule fois. L’eau est une denrée rare sur la capitale, il faut savoir que celle qui sort de leurs robinets est dégueulasse, car puisée directement dans la Seine. Du coup, ils sont obligés d’acheter de l’eau de source importée directement du Mont Gerbier de Jonc, ce qui leur coûte une fortune. Mais ça va, ce soir là on a eu droit qu’à l’eau de la Seine, leurs marges sont sauves ! Par contre, ce qui est étonnant, c’est que le serveur nous accorde la même inattention lorsqu’on lui réclame l’addition que celle pour les Anglais d’à côté. Au point où l’on s’est demandé si on allait pas partir sans payer. Mais finalement on est restés patients car c’est Sodosopa qui paye tous nos frais, donc si y a moyen de faire chier la boîte, nous on en profite. Bien évidemment, le charmant serveur n’a pas eu de pourboire, pas parce qu’il nous regardait de travers, que son service était lamentable et qu’il n’a jamais eu la moindre intention d’employer la politesse avec nous, mais juste pour lui montrer que les touristes sont des bâtards afin qu’il continue de mal les servir et la boucle sera ainsi bouclée.

Au final, on part de ce restaurant avec une étrange sensation : on n’est absolument pas surpris que ça soit de la merde. Le choix est réduit, la moitié des plats est ratée, le service est lamentable, et l’ambiance alentour détestable. On comprend mieux pourquoi Quasimodo restait caché dans la cathédrale (ça, et le fait qu’à son époque c’était infesté de gitanes et autres voleurs de poules). Les brasseries parisiennes sont à éviter. Il n’y a pas de mais, les stéréotypes sont parfois vrais.

PNY

Conclusion : préférez un bon Paris New York, si possible celui du Faubourg Saint-Denis, y a des putes super chelous dans la rue.


Article coécrit par Victor Hugo.

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