LE HARCÈLEMENT C’EST DE LA MERDE 1


Comme on a aucune imagination chez Sodosopa.fr, on prend un sujet au hasard en lançant des fléchettes sur la page principale de Google News. Du coup on a choisi d’écrire un article sur le harcèlement dans le métro, ou plus globalement dans la rue. C’est un sujet qui nous tient très à coeur étant donné qu’il vient de nous coûter un écran 22 pouces tout neuf.

harcelement sexuel ascenceur

Le harcèlement, c’est mal, m’voyez. Fin de l’article.


Deuxième partie : Pourquoi parfois le savon nous pique l’urètre ? Nous avons interrogé le Professeur Gutenberg, éminent urologue, connu pour avoir participé à l’élaboration de l’AutoBlow 2, sextoy pour homme solitaire et fainéant. Il nous explique : “Me prenez pas pour un con, si ça vous pique c’est que vous étiez en train de bander. Sinon c’est impossible que le savon entre dans l’urètre. Aussi sûr que ce que mon ancêtre a volé l’idée de l’imprimerie aux Chinois ! En même temps ces enfoirés nous volent notre travail et contrefont nos produits, alors pour une fois que c’est nous qui les avons baisés j’ai pas honte de le dire. Je vous encule les bouffeurs de chiens. Et c’est pas la peine de contrefaire l’AutoBlow 2, il vous servira à rien avec vos micro-pénis !” On remercie le Professeur pour ces paroles pleines de sagesse. Mais pour éviter que cet article soit aussi court que les pénis susmentionnés, on va développer un peu l’histoire du harcèlement.

harcelement metro

Je descends habituellement à TU ME SUCES ?

Ça nous est déjà toutes arrivé (oui je suis une meuf maintenant, je suis un frère Wachowski) de se faire emmerder par un mec dans la rue. Si ce n’est pas le cas, félicitations, tu fais partie de ces chanceuses qui habitent dans des coins encore fréquentables. Afin de mieux évaluer la situation, voici quelques exemples de ce qu’on peut trouver, classés par ordre de gravité croissante. Le nombre de connards étant infini, cette liste est bien entendu non exhaustive.

1) Le zieuteur.

Zieuteur

C’est le mec que tu auras en face de toi dans le métro et qui va faire mine de pas te regarder mais, dès que tu détourneras le regard, il t’analysera de A à Z afin de t’écrire une annonce le soir même sur www.croisedanslemetro.com ! Il n’est pas méchant, tu risques juste de te sentir un peu mal à l’aise en sa présence. Un peu comme si t’étais avec un pote déguisé en fantôme lors d’un rassemblement anti KuKluxKlan (en même temps, tu lui as bien dit que c’était une manif, il avait aucune raison de se déguiser ce con).

Comment réagir ? Le mieux est de ne rien faire. Après tout, s’il agit discrètement, c’est qu’il ne compte pas t’emmerder. Alors continue ta vie tranquillement sans penser au fait qu’il est en train de t’imaginer nue et enchaînée, tu risquerais de rougir.


2) Le mateur.

Mateur

Évolution du zieuteur, le mateur a laissé de côté la discrétion pour faire dans le bien bourrin. Il va se retourner, voire même se lever, juste pour mater ton cul. Puis il te regardera droit dans les seins, et si tu es trop couverte il fixera tes yeux en espérant que tu croises son regard. Il ne ressent aucune gêne à te mater de la sorte car pour lui tu n’es pas une personne mais un objet. On n’a pas honte de fixer une imprimante, beh pour lui c’est pareil, sauf que c’est pas de papier qu’il aimerait te remplir, et qu’il ne tirera pas la gueule en cas de bourrage.

Comment réagir ? Évite de le regarder, il n’attend que ça pour te parler. Si tu es plutôt du genre nerveuse et que tu commences à en avoir marre, n’hésite pas à gueuler un « C’EST QUOI TON PUTAIN DE PROBLÈME ?! » y a une chance sur deux pour qu’il ait honte et baisse enfin les yeux.


3) Le pilote.

Taxi 9

C’est le mec qui va passer devant toi en voiture, te klaxonner voire t’insulter, puis repartir. Comme si devant tant d’élégance tu allais te mettre à courir derrière lui la bave aux lèvres. Sérieusement les gars, est-ce que ça a déjà marché ne serait-ce qu’une fois dans l’histoire de l’humanité ? Alors pourquoi continuez-vous à le faire ?! En plus vous êtes des grosses putes qui se sentent protégées dans leur Golf de merde, mais si vous étiez à pied vous auriez fermé cet égout d’immondices qui vous sert de bouche.

Comment réagir ? Ce genre d’action étant très rapide, tu n’auras pas le temps de faire grand chose. Mais si tu peux voir où est-ce qu’il se gare, n’hésite pas à dédicacer sa voiture avec tes clés.


4) Le Don Juan.

Evra la pute

On passe aux choses sérieuses avec lui. Ce mec va t’interpeller d’un mélodieux sifflement, ou même d’un aspirement, tu sais c’est ce bruit qu’il fait en aspirant de l’air du bout des lèvres. Tu seras donc de suite sous le charme. Tu peux être sûre de la suite des événements : cet homme, parti visiblement au dépourvu, n’a ni cigarette, ni briquet, ni l’heure, ni ton numéro. Il va donc te demander tout ça après t’avoir dit que tu étais charmante. Le problème de ce gentleman, est qu’il ne connaît pas le mot NON. Il risque donc de changer de musique devant ton refus, et te jouera la sérénade de la Tourette. Je ne connais pas les vers exacts mais ça rime avec : salope, grosse pute, ton cul, ta chatte, baiser, sucer, enculer. Apollinaire n’aurait su faire mieux. Devant l’impossibilité de t’attendrir par les mots, il passera peut-être aux actes. Ça ira des caresses aux gifles. Oui, le Don Juan cache 50 nuances de fils de pute en lui.

Comment réagir ? Si tu es dans une rame vide ou une ruelle déserte, c’est important que tu rejoignes un lieu plus peuplé. Ne te fais pas d’illusion, 99% des gens sont des tarlouzes qui ne se lèveraient pas pour toi même si tu t’appelais Danette (merci à Jean-Luc Lemoine de m’envoyer ses meilleures blagues tous les mois). Mais ça dissuadera le Don Juan d’aller trop loin. Si malheureusement les lieux sont aussi désertés que les spectacles de Patrick Timsit, il faudra que tu fuis. Ne joue pas la psychologie avec lui, ça serait comme essayer de raisonner un rat mort. Fuis, cri, insulte, fais-toi remarquer. Si tu as du gaz lacrymo c’est l’occasion de te la jouer SS.


5) La meute.

Gang de requins

Qui se ressemble s’assemble. La meute est donc composée de plusieurs Don Juan qui se sentent pousser des couilles car entourés de leurs congénères. Ils vont t’encercler, de peur que tu fuis devant tant de charisme. Te balanceront d’entrée la sérénade de la Tourette histoire de briser la glace rapidement. Et mettront leurs mains un peu partout sur toi pour que tu te sentent en confiance. Il y a même de grandes chances que ça aille un peu plus loin. Il faut dire que leurs atouts de séduction sont imparables, surtout quand on te tient les bras.

Comment réagir ? Dans ces moments là, un 9 mm te serait bien utile pour leur exploser la bite. Mais bon, si même un gendarme n’a pas le droit, tu te doutes bien qu’une simple civile doit se laisser faire agresser et fermer sa gueule. Si tu les vois arriver de loin, n’hésite pas à changer de direction. Il vaut mieux un petit détour qu’un grand traumatisme. Ensuite, mêmes consignes que pour un Don Juan seul.


6) Le Bill Cosby.

Bill Cosbite

Heureusement très rare, le Bill Cosby est en haut de la chaîne alimentaire (toi tu es juste un bout de viande, donc t’es tout en bas). Il peut t’interpeller dans la rue et se montrer vraiment charmant avec toi, jusqu’à que son charme devienne oppressant et que tu te retrouves coincée. Il va devenir très insistant puis, comme un animal sauvage, se contentera de faire des bruits pour s’exprimer. Une fois lancé, il voudra aller jusqu’au bout. Il a peut-être un couteau sur lui, car tu n’es probablement pas sa première et il sait qu’il peut en avoir besoin. Certains, pour éviter un procès pour viol, voudront ensuite te tuer.

Comment réagir ? Arrache-lui les couilles. Non sérieux, si tu n’as aucune solution, arrache-lui vraiment les couilles. Il faut bien comprendre que ce genre de personne sera jugé, fera 6 ans de prison puis sortira pour un jour ou l’autre recommencer. Lui arracher les couilles fait économiser du temps et de l’argent à tout le monde. Alors pourquoi se priver ? OK, ici on n’est plus dans le simple harcèlement de rue. Mais faut bien comprendre que même le plus petit des harcèlements a pour finalité un Bill Cosby. Heureusement, tous n’oseront pas aller jusque là. Malheureusement, tous ont eu cette idée en tête.


C’est triste, sincèrement. Ne pas se rendre compte que ça pourrait être leur fille, leur femme ou leur mère qui subit ces actes. Les mecs, on a aucune idée de ce que c’est de ressentir ça. J’imagine qu’au début on serait contents, flattés, même si c’est grossier, on se dirait qu’on plaît. Puis à la longue ça deviendrait lourd, puis énervant, et effrayant. Se dire qu’à chaque fois qu’on va aller quelque part on va y avoir droit, et qu’à chaque fois il y a un risque que ça tourne mal, voire très mal. Certains esprits étroits vont trouver triste d’en arriver à fabriquer des machines telles que l’Autoblow 2. Mais au final, c’est une alternative plus que recommandable à tous ces crevards qui, frustrés par la gent féminine, ont un trop de plein de rage et de sperme à évacuer. Pour un peu plus de 100 balles, ils arrêteront de casser les couilles aux filles tout en se vidant les leurs. Enfin, ne nous berçons pas d’illusions, il y en aura toujours d’autres pour faire chier. Parce que l’homme est un animal en rut. Les hommes riches ou de pouvoir ne peuvent se passer de putes, mais dans leur cas c’est consensuel. Les autres, eux, ruminent, et parfois aboivent, puis mordent. On dit que l’homme est un loup pour l’homme, mais c’est faux. L’homme est un loup pour la femme.

autoblow 2

Une invention digne d’un James Band.

Conclusion : achetez une voiture.


Mais comme le harcèlement a lieu partout, voici l’interview 100% véridique d’une barman qui voit souvent un beau paquet de connards pendant son service. Seul son nom a été changé pour préserver son anonymat.

anonyme girl

Christy Mack qui joue à cache-cache.

Moi : Bonjour Christy Mack. Es-tu souvent victime de harcèlement pendant ton travail ?

Christy Mack : Oui ça m’arrive quotidiennement, à partir du moment où je passe derrière le comptoir je sais qu’il y aura au moins un garçon pour me rappeler que j’ai des attributs féminins.

Moi : Le plus souvent, ça se matérialise sous quelle forme ?

Christy Mack : Des regards insistants, pervers, puis des paroles comme « Si je te donne 2€ de pourboire, tu enlèves le haut ? ». Parfois, ils me demandent d’abord si j’ai un mec, et si je n’en ai pas ça veut obligatoirement dire que je dois supporter leurs phrases d’accroche sorties tout droit d’une mauvaise comédie américaine.

Moi : Est-ce qu’ils t’insultent ?

Christy Mack : J’ai souvent droit à des « T’es bonne », « Ça fait quoi de faire la pute derrière un comptoir ? » ou « Avoue, le patron, tu l’as déjà sucé non ? » Le plus dure c’est pas les insultes, c’est la manière dont les mecs te considèrent quand tu es en service. Ils pensent que vu qu’ils payent, ils ont une forme d’autorité et de droit sur toi.

Moi : Ils ont déjà franchi la barrière physique en essayant de te toucher ou t’attraper ?

Christy Mack : Me prendre la main quand je suis derrière le comptoir, ou m’attraper par les hanches quand je passe en salle, et essayer de m’embrasser dans le cou ou sur la joue, alors que je montre très bien que : non je ne veux absolument pas que tu me touches avec tes mains dégoulinantes d’alcool. C’est très courant. C’est pour ça que j’évite au maximum le contact physique et m’échappe le plus rapidement possible.

Moi : Qu’est-ce qui est le pire pour toi ?

Christy Mack : C’est la manière dont ils me déshumanisent. Ils pensent qu’ils me font un honneur de m’adresser la parole ou de me donner le fond de leur poche. Ils ne cherchent pas à savoir qui je suis, ils cherchent à tester mes limites ou me mettre dans leur lit. Souvent je m’esquive de tout ça en montrant que ça me déplaît et je passe à un autre client, avec un peu de chance ils s’arrêtent. Avec un peu moins de chance, j’ai le droit à des insultes gratuites ou des préjugés.

Moi : Au final, tu ne leur as donné absolument aucune raison de se comporter comme ça, alors pourquoi est-ce qu’ils se le permettent ?

Christy Mack : Ils savent que je ne peux pas bouger de mon poste, que je suis donc à leur portée et pensent que j’ai le devoir de supporter tout ça, car c’est bien connu quand tu es serveuse : tu ne te respectes pas et tu n’as rien dans la tête, donc rien ne va me toucher ou dans tout les cas je vais me laisser faire. Heureusement ce n’est pas le cas. Je ne sais pas s’ils en sont conscients réellement, c’est ça qui me rend le plus triste au fond, de me dire que pour eux manquer de respect à une personne est tout à fait normal dans le milieu de la fête, comme si l’alcool et l’ambiance excusaient leur manque crucial d’intelligence.

Moi : Et lorsque tu es dans la rue, en tant que fille normale et non barman, le harcèlement s’arrête-t-il ?

Christy Mack : Absolument pas, le harcèlement c’est partout, dans la rue, au travail, quand tu fais du sport, quand tu prends le métro… C’est constant.

Moi : Selon toi, qu’est-ce qu’il faudrait faire pour que ça s’arrête ?

Christy Mack : Je pense qu’au lieu de dire aux filles de ne pas mettre de robe, de jupe, ou de ne pas se comporter de telle manière, ne pas être trop sexy ou trop libérée, il faudrait apprendre aux garçons, aux plus jeunes, qu’une femme n’est pas un objet sexuel ni une poupée à qui on peut dire et faire ce que l’on veut. Car ils oublient souvent qu’une femme a les mêmes droits et les mêmes libertés qu’un homme, que nous sommes leurs égales.


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