INFILTRATION DANS LA VIE NOCTURNE D’AIX-EN-PROVENCE 5


Vous pensiez que le journalisme d’investigation avait atteint ses limites lorsque l’émission Zone Interdite infiltrait un bordel thaïlandais constitué uniquement de jeunes vierges mineures ? Détrompez-vous, Sodosopa.fr va encore plus loin en vous offrant un reportage exclusif sur la vie nocturne à Aix-en-Provence. Nous avons envoyé notre meilleur journaliste sur le terrain, et après une enquête poussée à l’extrême, voici son article.


Quand le directeur m’a demandé de partir en mission à Aix-en-Provence, c’est vrai que je n’étais pas très chaud. Aix est une ville étudiante, remplie de bobos, hippies, et autres clodos. Pour m’intégrer à la masse sans me faire démasquer, j’ai choisi de jouer le rôle de Jesse, jeune homosexuel étudiant la sociologie, qui sort un soir avec son meilleur ami Alex dont la relation est purement platonique. Nous avons donc élaboré un passé fictif pour nos personnages. Tout aurait commencé lors de notre premier jour de fac, alors qu’il fallait écrire une présentation manuscrite sur une feuille de papier. Issu d’une famille qui aurait fait fortune dans la vente de sextoys dans les années 90 (ce qui aurait peut-être inconsciemment renforcé ma prétendue passion pour les pénis), je n’avais qu’un iPad Pro et un MacBook Air sur moi. Alex, lui, aurait grandi au milieu des quartiers nord de Marseille, et se serait lancé dans la sociologie afin de comprendre pourquoi sa vie c’est de la merde. Il m’aurait donc tendu un stylo Bic noir et notre amitié aurait commencé à ce moment-là. Très vite, je lui aurais avoué que j’étais gay afin qu’il ne soit pas surpris le jour où il voit des photos de moi derrière Matthieu Delormeau, et m’ayant accepté comme je suis, nous sortons régulièrement depuis pour faire la fête ensemble. La couverture était donc parfaite. Malheureusement pour l’enquête, tout ça n’a servi à rien puisqu’on était trop bourrés pour se rappeler de jouer nos rôles.

Notre reportage commence Rue de la Verrerie, dans un petit bar sympa nommé Le Manoir, mais qu’Alex préfère appeler boui-boui de merde. C’est plein d’étudiants qui veulent décompresser après leur dure journée à rien branler à la fac, et de journalistes d’investigation comme nous qui veulent juste boire des shots sans avoir à hypothéquer leur maison. La piste de danse est souvent remplie, puisqu’il suffit d’y entasser trois grognasses pour qu’il n’y ait plus de place. Ils ne disposent pas de la licence pour les alcools forts, donc tout est déjà mélangé à l’avance. La musique est à l’image de leurs boissons : à chier. Et on n’y rencontre rarement des gens intéressants. Puis de toute façon c’est juste un bar, donc à l’exception de ceux qui sont déjà ivres morts, personne n’a envie d’y passer sa vie. On a donc décidé d’enquêter ailleurs.

Le Manoir

L’inconvénient de ne pas avoir les licences nécessaires.

Le problème à vouloir aller ailleurs, c’est qu’on finit souvent nulle part. En l’occurrence, ce nulle part se nomme Le Murano. C’est une boite souterraine (dit comme ça, ça a l’air cool, mais en fait pas du tout) où, l’entrée étant gratuite, ça pointe sévère, à moins d’avoir l’air déterminé à vouloir y cramer son salaire (il suffit juste d’avoir l’air, donc finalement tout le monde rentre). Une fois les portes passées et les escaliers descendus, on se fait vite alpaguer pas la pétasse du vestiaire pour qui on est toujours trop couverts. Si on l’écoute, on a vite fait de se retrouver torse nu. C’est apparemment sa technique pour avoir du pourboire : être une emmerdeuse finie. Après avoir consulté des habitués des lieux, on a compris que la seule chose à faire est de passer très vite sans s’arrêter. Elle va gueuler certes, mais c’est bien la seule chose qu’elle fera. La première fois qu’on visite cet endroit au plafond très bas, on se sent encore plus à l’étroit que dans une jeune pucelle. C’est rempli de gens plus ou moins perchés, mais il faut dire aussi que pour se complaire dans cette cave, on doit être minimum saoul et drogué. Malheureusement, nous n’avions aucun produit stupéfiant sur nous, nous sommes donc sortis de cet enfer avec le même soulagement en arrivant dehors que des mineurs chiliens retrouvant l’air pur. Dans notre cas, l’air sentait le kebab du snack situé juste en face de la boite, mais on n’a pas testé car peu importe l’heure de la nuit, il y a systématiquement la queue (et aussi parce que ça a l’air terriblement à chier).

Le Murano complet

Une fois rempli de cassos, c’est juste un trou à rats.

Du coup, nous nous sommes dirigés vers le second club souterrain de la Rue de la Verrerie, situé juste quelques mètres plus loin. Son nom ? Le Skwat. Ou Le Swat. Ou Le Kwats. Un truc comme ça. Alex jurerait sur la vie de son fils que c’est Le Kats, mais bon… il jurerait aussi que le videur du Manoir c’était le rappeur Salif (puis surtout il n’a pas de fils). A l’entrée du Skwat, le videur ne plaisante pas : Vous êtes étudiants ? – Non. – Vous habitez Aix ? – Non. – OK, allez-y. On ne sait toujours pas ce qu’il essayait de prouver avec ce mini interrogatoire, surtout que dans notre état on n’était pas foutus de mentir et on a donné 0% de bonne réponse. Mais apparemment ça leur suffit. On descend les marches, enfin je crois, c’est peut-être pas en sous-sol en fait. Bref, dans tous les cas une fois à l’intérieur, c’est déjà nettement plus fun : trois salles, trois ambiances. La première, aucune idée. La seconde, une scène, un groupe, des gens heureux, la folie (on exagère à peine, mais il faut bien contrebalancer toute la merde précédente). Et la troisième salle, ambiance club classique, avec un DJ qui fait semblant d’appuyer sur des boutons comme tout bon DJ qui se respecte. Mention spéciale pour la barman qui est le sosie de Shy’m et qui est tellement sympa qu’on aimerait rejouer avec elle une scène de Lost In Translation. L’ambiance est bonne malgré tout, surtout dans la seconde salle. Les musiciens sont juste face à nous, on pourrait même les toucher si seulement ils ne dégoulinaient pas de sueur et qu’on savait qui ils sont. Après quelques verres, on finit par se rendre compte que c’est Oasis ! Oui oui, Oasis en live totalement gratuit dans une boite d’Aix-en-Provence, c’est trop beau pour être vrai (d’ailleurs ce n’est pas vrai, c’est juste un groupe de péquenauds qui faisaient des reprises). Malheureusement, une fois leur show terminé, l’ambiance retombe dans cette salle et on décide enfin de se diriger vers l’endroit le plus réputé de la ville.

Le Skwat

Un joyeux bordel.

Mais pour l’atteindre, ce n’est pas chose aisée car il faut traverser des rues semées d’embûches : des ruelles labyrinthiques qui se ressemblent toutes, des mecs qui vomissent et/ou pissent partout, des filles par terre qui comatent et/ou pleurent sans se rappeler pourquoi, et bien sûr un paquet de clochards faisant la manche à toute heure. Un d’entre eux nous aborde pour nous dire qu’il est sorti de prison et qu’il habite maintenant dans la ruelle juste à côté. Il nous propose même de nous faire visiter son palace, tout en nous grattant en échange une cigarette. On lui en offre une juste par peur qu’il nous viole. Heureux, il sort de sa poche une boite de thon à la catalane et nous propose de dîner avec lui. Difficile de résister à ce festin, mais boulot oblige, on est contraint de décliner son offre pour continuer notre route et enfin atteindre notre dernière destination de la soirée : Le Mistral.

DJ Bourdon

Un DJ qui maîtrise aussi bien sa musique que son style vestimentaire.

Le Mistral, c’est la grosse boite commerciale où tout le monde finit sa soirée car c’est toujours plein. Cette fois l’entrée est payante, et le pire c’est qu’il y a encore la queue. On voit des groupes de filles se faire pointer et on se dit qu’on n’a aucune chance de rentrer, étant donné que nous sommes juste deux mecs, habillés comme des connards. Mais en fait, non seulement on rentre, mais en plus on pourrait y rentrer en slip. Pourquoi ? Parce qu’on est les seuls mecs majeurs dans le club et ils savent qu’on va y dépenser du fric, contrairement aux petits puceaux qui ont bu leur Smirnoff Ice sur le parking avant de venir. L’intérieur est classique : un bar avec des serveurs incompétents, un autre bar avec des serveuses bonnes, et un dernier bar beaucoup trop loin pour se donner la peine d’aller évaluer la qualité du service. Un carré VIP que j’ai pu pénétrer grâce à ma confiance en moi, qui est exactement pareil que le reste de la boite sauf que ceux qui y sont dépensent le PIB de la Belgique. Et une piste de danse que nous avons testé en poussant au loin quelques filles trop expressives qui nous revenaient dessus comme un boomerang (ou l’herpès). La musique est mauvaise, mais on ne s’en rend pas compte car on est saouls. Puis au bout d’un moment, un petit homme un peu grassouillet que je n’avais jamais vu de ma vie si ce n’est dans Le Seigneur des Anneaux, me propose de la cocaïne. Je lui fais comprendre que je ne suis pas intéressé car je suis un journaliste professionnel (et surtout car je n’ai que 20€ sur moi). Mais un peu plus tard, Sam Gamegie le Brave revient m’en proposer en me disant qu’il en a pour 20€ mais ça sera beaucoup coupé mais pour 20€ faut pas non plus espérer un truc bien. Devant de tels arguments, je me dis qu’il serait temps qu’il fasse un BTS NRC s’il veut un jour faire carrière dans le deal. Je le renvoie de suite en Mordor, et je décide de profiter pleinement de la fin de cette soirée en ne me rappelant pas de la suite.

Conclusion : préférez le 34 Quai d’Austerlitz 75013, Paris.


Article sponsorisé par Le Bazar, La Palmeraie, Le Palais de la Major, et Casa Pietra.


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5 commentaires sur “INFILTRATION DANS LA VIE NOCTURNE D’AIX-EN-PROVENCE

  • Anonyme

    Je lis et relis l’article tout en cherchant un intérêt, il n’y en a pas, en fait c’est peut être seulement ça sodosopute : de la merde
    faut vraiment pas savoir quoi faire de sa vie pour aller au mistral à plus de 25 ans passé. Je connais des filles qui allaient là bas, elles n’avaient même pas encore leur règles.

    • niko13013 Auteur du billet

      Plus de sensations, et aucun risque de grossesse, c’est tout bénef !
      Par contre, la morale de l’histoire se situe dans sa conclusion : vous trouverez un endroit bien mieux que tout ce que propose Aix-en-Provence en tapant l’adresse dans Google Maps.

      • Anonyme

        se déplacer jusqu’à Paris pour passer une bonne soirée, superbe conseil quand on habite dans le sud, c’est vrai que tout le monde peut se le permettre, vous vivez dans un autre monde cher Niko13013 celui des bisounours ou celui des putes à likes j’hésite.

        • niko13013 Auteur du billet

          Cher anonyme, j’accepte votre critique très courageuse, mais veuillez au moins proposer une alternative à notre alternative. On est là pour chercher des solutions, pas pour dire qu’on n’en a pas trouvées.

  • Théo

    Ça reste de la merde mais d’un niveau plus acceptable cette fois-ci mais bon je ne le partagerai pas à mes amis pour autant si seulement j’en avais.

    Tu es un bon journaliste d’aujourd’hui, écrire de la sensation et oublier tout le reste, c’est à dire le pertinent et la possibilité de lancer des débats.

    Pour mieux connaître le milieu de la nuit, n’hésites pas à interviewer un photographe qui saura te raconter comment esquiver une mineure imbibée d’alcool à l’haleine proche de l’odeur du carton où dort notre ami à la boîte de thon à la catalane ou bien comment le pseudo patron gay de la boîte te propose d’aller te faire sucer par ses copines sur fond de vodka et de coke.

    Sodomieoupas, continue comme ça