C’EST QUOI UN VOL LONG COURRIER ?


Ayant pris l’avion un paquet de fois cette année, notre stagiaire a décidé d’en faire un article (pas très original mais bon, quand on paye pas un mec faut pas s’attendre à ce qu’il chie du Zola). Sodosopa est donc fier de publier ici son J’accuse…! du pauvre, un article sans engagement qui ne soulèvera aucune question chez ses lecteurs.


Contrairement à ce que son nom laisse penser, un vol long courrier n’a rien à voir avec le fait de dérober de grandes enveloppes. Ce terme désigne en réalité les avions commerciaux qui font des trajets de “3500 Km ou plus” (la source est fiable puisque j’en ai moi-même rédigé la page Wikipédia). A titre de repère, Paris-Moscou c’est seulement 2500 Km. Et quand Moscou semble déjà être le trou du cul du monde, on peut se demander jusqu’où va un avion qui dépasse les 3500 Km ? La réponse est simple : “Un vol long courrier, c’est un aller simple pour l’Enfer” (Matthieu ; 19, 3-12 ; L’Evangile Edition Collector).

On se croirait à un spectacle de Laurent Gerra.

A quelques exceptions près, un long courrier est souvent un vol international. Cela veut dire qu’il faut arriver à l’aéroport environ 17H avant le décollage, parce qu’on sait tous que coller des étiquettes sur une valise qui va loin, ça prend beaucoup plus de temps que coller des étiquettes sur une valise qui va pas loin (on retrouve le phénomène inverse au McDo, qui prépare les commandes du drive beaucoup plus vite que pour les pauvres cons qui mangent sur place). Cela implique donc souvent un réveil à 4H du matin pour être à l’heure à l’aéroport, mais on se dit que c’est pas grave car on aura tout le temps de dormir dans l’avion. Que ce soit bien clair, dire qu’on va dormir dans l’avion c’est comme dire qu’on va continuer à baiser après l’orgasme : on s’en croit tous capable, mais une fois le moment venu on se rend bien compte qu’on a dit de la merde.

On n’est jamais à l’abri des travaux sur l’A7.

On zappe les détails propres à tous les aéroports (l’attente, la sécurité, l’attente, les duty-free, l’attente) car le but n’est pas de faire une transcription des sketchs de Louis CK, et on accélère directement à l’embarquement. Si on est malin, on s’est réservé un des sièges au plus près de l’entrée de l’avion, ceux juste avant la séparation avec la Première Classe et leur putain de lits en biais. Si on est con et/ou pauvre, on se retrouve dans le Groupe 6, le groupe de ceux qui restent assis constamment (car ils savent qu’ils sont les derniers à embarquer et débarquer, à ne pas confondre avec le groupe des handicapés qui sont toujours les premiers mais qui eux restent assis pour d’autres raisons).

Et peu importe la place que l’on a dans l’avion, on ne peut prédire à l’avance qui s’assiéra à côté de nous. Comme le dit si bien Tom Hanks : “L’avion c’est comme une boîte de chocolats, on sait jamais sur quel fils de pute on va tomber” (Forrest Gump 2 vs Predators). Le Top 3 des pires voisins étant : les obèses ; les bébés ; les obèses qui ont un bébé (aussi fou que ça puisse paraître, les terroristes n’entrent pas dans ce Top 3). Et on sait que son voisin est obèse quand il utilise l’accoudoir non pas avec son bras mais avec son ventre, réduisant notre espace et augmentant notre envie de vomir.

On les fout toujours au milieu pour éviter de faire pencher l’avion.

Même si on voyage en été, il ne faut jamais faire la connerie de s’habiller en short et t-shirt car une fois que l’avion a décollé, la cabine se transforme en chambre froide Picard, les bouchées de poulet au saté en moins. Alors on sait pas si c’est le pilote qui aime bien mettre la clim à fond, ou si c’est parce que la température extérieure est de -40°C, tout ce qu’on sait c’est que l’espèce de serpillère fournie en guise de couverture ne suffit pas à tenir chaud.

On essaie tout de même de se mettre à l’aise en enlevant nos chaussures ce qui, multiplié par le nombre de passagers, devrait suffire à flinguer nos capacités olfactives pour les semaines à venir. Certains utilisent également leur coussin repose-tête qui n’empêche pas les douleurs à la nuque mais permet d’avoir l’air d’un gros con pendant tout le vol.

Puis on cherche une posture confortable pour dormir, ce qui n’existe pas en position assise. On réalise donc que notre nuit est définitivement terminée et on se tourne vers les films à bord.

Ce modèle est équipé d’un glory hole.

Le bon côté d’un vol long courrier, c’est qu’il y a beaucoup de films disponibles. Le mauvais côté, c’est qu’ils sont tous à chier. En plus si on parle pas anglais on se contente d’essayer de deviner les dialogues ce qui peut parfois être assez confus (j’attends toujours que Jamie Foxx commence son concert dans Sleepless). Bien sûr on trouve quelques titres en français, ou du moins sous-titrés, mais c’est généralement des mecs en collants qui se battent contre des monstres de l’espace, mais ça choque personne car y a Robert Downey Jr. Puis rien de tel qu’un film d’action sur ce bel écran à la résolution VGA pour en avoir plein les yeux !

On retrouve aussi des séries mais jamais depuis le début, et il faut s’être arrêté à un moment bien spécifique pour avoir la chance de pouvoir continuer dans l’avion, car c’est vraiment pas facile de commencer Game of Thrones  quand on nous propose juste les épisodes 6 et 9 de la saison 5.

On a aussi des jeux du style Solitaire, Démineur, Mahjong , etc. mais honnêtement personne n’y touche. Après tout on passe déjà la semaine dessus, on va pas non plus ramener du taf en voyage.

Une qualité d’image proche de l’iPhone 3GS.

On nous distribue au tout début des trucs à grignoter, genre des paquets d’Asian style snack mix qui est un majestueux nom pour parler de cacahuètes saveur wasabi. Puis lorsqu’il est l’heure du repas, on nous laisse le choix entre un plat de merde et un plat de merde végétarien. En général, celui qu’on choisit n’est plus disponible, donc on a l’autre. On nous propose une boisson pour accompagner ces mets raffinés, malheureusement ils n’ont aucun Pinot noir qui se marie bien aux coquillettes ketchup. On se contente d’une canette de Coca taille Tyrion et on a hâte de découvrir le dessert : une glace vanille pour les premiers rangs, du lait vanille tiède pour les derniers rangs.

Pas de surprise, ça ressort exactement comme c’est rentré.

Une fois le repas terminé, c’est la file d’attente pour aller aux chiottes. L’astuce était d’y aller pendant que tout le monde mangeait. Maintenant c’est trop tard, il faut patienter une demi-heure avant d’avoir l’occasion d’être surpris par la chasse d’eau sans eau. C’est surtout son bruit de dépressurisation qui fait sursauter à chaque fois, probablement car c’est pas le genre de son qu’on veut entendre à 9000 mètres.

Ce que l’équipage ne dit jamais, c’est qu’il faut s’attendre à lâcher des gaz durant tout le vol. Au début, timide, on se retient. Puis quand on se rend compte que les autres passagers se sont pas gênés pour transformer la cabine en douche allemande, on se laisse aller en espérant que notre pet se fonde dans la masse, annihilant définitivement ce qui nous reste d’odorat. Après ça, on prend un film au hasard pour vite oublier ce qui nous entoure : John Wick 2 sans avoir vu le 1 et sans sous-titres (c’est pas grave apparemment c’est la suite de Marley et Moi).

Un métier qui nécessite parfois de ravaler sa fierté.

Et puis l’équipage repasse plus tard nous proposer un snack qui pour une fois est pas trop mal, du style un sandwich dinde/cheddar. Sauf qu’on ne pourra jamais le goûter car après avoir crevé la dalle pendant des heures en se gelant les couilles dans une putain de chambre à gaz à en rendre jaloux Himmler, ON A FINI PAR S’ENDORMIR ! On découvre ce qu’on rate car en ouvrant les yeux notre gros porc de voisin est en train d’en foutre partout sur notre accoudoir, enfin sur son ventre. Dégouté, on regarde la tablette avec les infos du vol, histoire de voir combien de temps il reste. Une petite larme se met à dégringoler notre joue lorsqu’on voit qu’on atterrit dans 3H30. On ne peut pas dire qu’on s’est vraiment reposé, en fait on s’est juste assoupi pendant la distribution de sandwiches, et la salope d’hôtesse (ou salope de stewart, pas de sexisme) ne nous a pas réveillé. Elle était pourtant douée pour attirer l’attention avant le décollage avec son gilet de sauvetage et son sifflet anti-viol.


Pendant ce temps en Première Classe, c’est sieste en position allongée, homard à tous les repas, et alcool illimité à boire directement dans la bouche des hôtesses. C’est pour ça les enfants qu’il faut bien travailler à l’école, puis épouser quelqu’un de riche.

C’est ce qu’on appelle dans le jargon aérien une sale pute.


Ceci était un message du ministère de l’Education nationale.

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